Par comparaison avec d’autres pays, les ménagers français sont finalement moins endettés qu’on ne pouvait le penser. Cela explique sans doute la bonne résistance de la consommation observée durant la crise.
Si l’on observe l’endettement de nos voisins plus ou moins lointains, on constate que l’endettement des ménages français est somme toute assez raisonnable. Avec un endettement de 74,9 % de leur revenu brut disponible, ils ont moins recours au crédit que dans d’autres pays, et s’en sortent par conséquent mieux en temps de crise, où les banques se montrent plus frileuses pour prêter. Aux Etats-Unis, le niveau d’endettement se chiffre à 157%, 146% en Grande Bretagne, 130% en Espagne, ou encore 90.8% en Allemagne. Avec 59%, les Italiens sont les seuls à afficher un taux d’endettement inférieur à celui des Français.
Finalement peu endettés, les Français n’ont pas été obligés de réduire leur consommation de manière aussi importante qu’ailleurs : ils ont pu tout à la fois consommer et épargner durant la crise. Le plan de relance et la baisse de l’inflation ont eu pour effet de renforcer leur pouvoir d’achat et la consommation a donc assez bien résisté. " Pour des raisons culturelles, l'endettement s'est d'abord développé dans les pays protestants tandis qu'il restait faible dans les pays catholiques, explique Cyril Blesson, du cabinet de conseil en investissements Seeds Finance. Mais l'Espagne a fait voler en éclats cette représentation historique en assouplissant l'accès au crédit après son adhésion à l'euro. Aujourd'hui, les ménages les plus endettés sont situés dans les pays où les conditions d'accès au crédit ont été largement facilitées par la réglementation. Cela a, par exemple, été le choix de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis où il est possible de s'endetter sur la valeur de ses biens. "
Source :
www.lesechos.fr